Le cirse ou cirsium vulgare est une plante qui appartient à la famille des Astéracées.
Elle se caractérise - hélas pour nous - par sa prolifération dans notre commune. Le cirsium vulgare, en dépit de son nom, est fort prisé des baudets et des chèvres qui le prennent pour un chardon. Ils ont quelques excuses.
Son abondance réjouit également notre technocratie écologique locale. Pour le plus grand malheur des Avalins que persécutent les mollahs-écolo, prompts à manier la fatwa à la moindre offense faite au divin chardon.
Ainsi notre pauvre maire vient-il d’être condamné par le tribunal correctionnel d’Albertville pour crime de lèse-cirse vulgare commis à l’occasion de l’élargissement d’un chemin communal. La loi prévoyait la prison, mais le chef de notre Commune s’en est finalement et bienheureusement sorti – si j’ose dire – à moindre prix.
Cet incident, digne de Clochemerle, nous invite tout de même à poser deux petites questions et à prendre discrètement un petit parti :
La première petite question est que la superficie de la Commune de Val d’Isère est de 95 km². Celle du massif des Alpes est 190 000 km². Si les petits curés de l’écologie locale cherchent à s’occuper à tout prix, ils devraient partir en petite croisade à travers les 189 905 km² qui restent dans les Alpes, une fois franchies les frontières de notre petite Commune, et y traquer d’autres prédateurs du cirse. Cela serait plus courageux et certainement plus fructueux que de contrarier les entreprises engagées sur notre minuscule territoire dans le but d’améliorer inlassablement la qualité et la compétitivité de l’une des plus grandes stations de sports d’hiver du monde.
La petite question est donc : pourquoi ne lâche t-on pas un peu la grappe à des gens travailleurs qui, une fois de temps en temps, blasphèment innocemment à la face d’un cirse de passage, sur un territoire dont la surface est inférieure à 0.5/1000 de l’ensemble du massif alpin ?
Deuxième petite question : le maire est poursuivi et condamné pour quelques chardons. Cela aurait bien mérité le soutien d’une ou deux pancartes brandies devant le chalet du Parc, ou bien le souffle des vuvuzelas avalines sur le parvis du Tribunal d’Albertville. Ne trouvez-vous pas que, parfois, les Avalins sont un peu chiches quand il s’agit de porter ou de souffler pour un autre ?
Enfin, le petit parti à prendre devant cette tempête dans un bouillon de chardons est que « Je voudrais d'ailleurs, au point où j'en suis, dire un mot de toutes ces questions d'environnement. Parce que là aussi, cela commence à bien faire… ».
Evidemment ce n’est pas moi qui aurais osé dire une chose pareille. Ceux qui regardent la télévision auront reconnu l’éminent mais sympathique blasphémateur.
S’exprimant avant Noël dernier au micro de Radio Val, M. le maire a fourni plusieurs chiffres. Il faut l’en remercier.
Il a indiqué par exemple que le coût de fonctionnement des championnats du monde était de € 32 million. Précisons que cette dépense incombait au seul CLO – lui-même intégralement financé par la FIS - et non à Val d’Isère. Rappelons aussi que sur ce chiffre le CLO aurait du réserver une somme de € 10 million en faveur de Val d’Isère, en vertu d’une convention signée en décembre 2007. Malheureusement, il ne l’a pas payé, et nous ne nous sommes pas acharnés à la lui réclamer...
Le maire a par ailleurs déclaré que les investissements des championnats s’étaient élevés à € 40 million d’euros. La réalité est € 48 282 000 . Ce chiffre comprend le centre OXYGEN pour € 29 million, le parking au bas de la face pour € 11.4 million, l’aménagement des pistes pour 7.4 million.
Il nous semble que le maire a ensuite à nouveau dérapé :
Il a affirmé que pour financer ces investissements, Val d’Isère avait emprunté € 17 million. Le véritable chiffre emprunté, plus une modeste part d’autofinancement, est € 27.4 million. C’est 61% de plus. Il faut dire qu’on attendait beaucoup des subventions de l’État, de la Région et du Département. Pour finir on n’a reçu seulement que € 11.5 million. Compte tenu de l’ardoise impayée du CLO nous nous sommes retrouvés Gros-Jean-comme-devant.
M. Bauer a déclaré qu’il faut se méfier des chiffres. C’est sans doute la raison pour laquelle il semble un peu fâché avec eux.
Les catastrophes - comme celle qui vient de survenir en Vendée et en Charente Maritime - fournissent l’occasion d’une débauche de bons sentiments : Président, ministres, préfets, élus se précipitent sur les lieux pour exprimer leur compassion et partager la douleur des proches. Quelques sommes dérisoires sont débloquées en urgence. Et l’on assiste à un assaut de propositions et de promesses dans le domaine de la prévention, de la protection, de l’urbanisme dont on peut seulement se demander pourquoi on y assiste si tard.
Les Français, devant leur télé, font assaut de solidarité et fustigent avec colère les responsables – politiques et administratifs – dont la négligence et parfois pire, est selon eux responsable du drame.
Un mois plus tard, l’affaire est oubliée.
Je dis cela parce que Val d’Isère devrait se rappeler les inondations dont elle a été victime, principalement en janvier 1957, puis, moins gravement par la suite, en particulier en 1996. Je rappelle cette dernière date parce que, élue de fraiche date et habitée du sens de ses jeunes responsabilités, la municipalité de M. Catelan avait commandé à plusieurs experts une étude portant sur la sécurisation de l’Isère au niveau du Laisanant. En dépit du coup abordable des travaux préconisés le projet fut négligé et notre argent consacré à la construction d’installations autrement plus glamour.
Résultat : la sécurisation de l’Isère au Laisinant fut reléguée au magasin des oubliettes.
Consolons nous : en cas de nouvelle inondation – et elle est inéluctable - nous aurons un ou deux ministres, le préfet, des élus...
Val d’Isère accuse une perte d’environ dix millions d’euros (10 M€), du fait de sa créance impayée par le CLO. Mais ce qui est surprenant est la complaisance et la discrétion mises par Val d’Isère à exonérer son débiteur du paiement, soutenant, contre toute évidence, que le CLO n’était pas tenu par un engagement formel. Il est impossible de trouver une raison plausible à cette mauvaise excuse imaginée par les responsables avalins.
Aussi, faute de raison, il faut chercher les mobiles.
Un nombre restreint de personnes a participé à l’accord aux termes duquel le CLO devait reverser à Val d’Isère le tiers du budget que lui avait confié la FIS, soit 10 M€ au titre de la location des équipements et de prestations mis à disposition (Rapport de la Chambre Régionale des comptes, page 27/54). Cet accord, arrêté en premier lieu entre M. J-C. Killy (quand il dirigeait encore le CLO) et M. B. Catelan (maire de Val d’Isère), fut formalisé dans la convention signée en décembre 2007 par M. Catelan et M. Fabre (second responsable du directoire du CLO).
En décembre 2007, quand M. Fabre signe cette convention, on se trouve à un an seulement des championnats du monde. On pourrait donc penser qu’il sait ce qu’il fait.
Eh bien, non ! Quelques mois plus tard, les difficultés financières du CLO commencent à faire rumeur.
C’est alors que se produit une chose difficile à croire. Il y a un conseil municipal réuni le 1er octobre 2008, 3 mois seulement avant les championnats. Le compte-rendu de cette réunion va comporter 35 pages. Noyées dans ces 35 pages, on trouve 3 maigres lignes. Les voici :
« La convention entre la Commune de Val d’Isère et le Comité d’Organisation des Championnats de Ski alpin de 2009 est une convention d’objectif n’obligeant les parties qu’à une obligation de moyens ».
Ces trois lignes ne sont précédées d’aucune explication et le vote intervient sans débat. Désormais, c’est joué. Val d’Isère vient unilatéralement de se priver de tout recours, sans avantage ni contrepartie -. L’engagement du CLO est en effet converti en une simple obligation de moyens qui débarrasse le CLO de la contrainte d’une obligation formelle. On connaît la suite : le CLO ne paiera pas, sans être jamais inquiété.
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A qui rapporte la manœuvre ? Grâce à la complicité de qui ? Comment telle ou telle autre personne a-t-elle réussi à convaincre Val d’Isère de voter l’abandon d’une créance certaine en échange d’une créance de papier ?
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La réponse est évidente : cela profite à ceux – et à ceux-là seuls - dont la réputation aurait été éclaboussée par l’insolvabilité rendue publique du CLO, quand il serait apparu qu’ils en portaient la responsabilité.
Ne les aurait-on pas interpelés à juste titre ? :
« Vous avez reçu de la FIS la somme de 30 M€ pour organiser les championnats du monde. Vous en contrôliez la gestion et les comptes. Au nom du CLO vous avez alors signé, en décembre 2007, un engagement intangible de 10 M€ en faveur de Val d’Isère. Comment avez-vous pu le faire avec tant de légèreté pour vous trouver incapables d’honorer votre signature, quelques mois seulement après l’avoir apposée sur la convention qui liait votre CLO à Val d’Isère ?
Quant au maire de Val d’Isère, comment a-t-il pu à l’époque assumer avec tant de négligence sa fonction de Président du Conseil de Surveillance du CLO ? A ce titre, il avait – comme ce sera ensuite le cas pour son successeur - une mission d’autorité et de contrôle à exercer sur le directoire. Qu’en a-t-il fait ? Et le comble n’est-il pas - en tant que maire de Val d’Isère – d’avoir négligéde veiller tout particulièrement à la solvabilité d’un CLO endetté de 10 M€ à l’égard de la Commune dont il était également le chef ? »
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Imaginez maintenant que Val d’Isère ait réagi normalement face à la défaillance du CLO. Par « normalement » nous voulons dire que Val d’Isère aurait engagé contre le CLO toute action appropriée dans l’intérêt de ses droits. Quelle secousse pour la réputation des responsables que l’entrée en lice de la FFS caution du CLO, de la FIS, de la Justice, voire de l’Etat français…et de la presse sans doute !
10 M€ promis et impayés à une malheureuse station de ski par un organisme conçu, défini, financé et imposé par la FIS, géré sous la responsabilité d’un aréopage de notables et de célébrités dont certains étaient désignés par la même FIS et dans lequel l’Etat français était intervenu de façon vigilante, pour ne pas dire autoritaire, les championnats du monde étant l’affaire du Pays. Et pourtant, cette pauvre Val d’Isère ayant rempli ses obligations, et fort bien, néanmoins contrainte d’essuyer l’ardoise !
Mais le scandale fut évité : le 1er octobre 2008, moins de trois mois avant le début des championnats, notre Conseil municipal prit – nous l’avons vu - la curieuse décision de dégrader la nature compromettante de l’engagement du CLO. L’aménagement de la convention, consenti unilatéralement par Val d’Isère le 1er octobre 2008, commua l’obligation intangible dont nous étions bénéficiaires en une innocente obligation de moyens.
Tout le monde s’en est trouvé fort bien, hormis notre Commune, refaite d’un montant voisin du total de celui de nos impôts locaux annuels.
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Pourquoi cet agenouillement ? Et devant qui ?
La réponse est entre les lignes de ce qui a été écrit plus haut.
Le Pouvoir avalin a fait le choix d’étouffer une affaire gênante pour certains. La chose fut exécutée en trois petites lignes insignifiantes, perdues dans le compte-rendu da la séance du Conseil en date du 1er octobre 2008.
Sans ce que nous venons d’écrire ici, cette mauvaise action demeurerait inaperçue. Elle risque de le rester malgré notre effort pour arracher les Avalins à leur indifférence.
L’un de nos concitoyens - réputé pour son caractère entreprenant - a jugé son honneur et sa considération compromis par certains commentaires que quelques blogueurs ont postés ici, à la fin de la campagne des élections municipales.
Il a donc saisi le Tribunal correctionnel de Paris, estimant sans doute qu’il serait mieux compris là-haut que par une juridiction savoyarde.
Le Tribunal de Paris a fixé à 1 € le montant des dommages intérêts en réparation de son préjudice.
Et pourquoi ne pas crier tout cela encore une fois, s’il vous plait ? Parce que la chose est lassante ? Mais ne vaut-il pas mieux lasser avec la vérité que de complaire avec le silence et le mensonge ?
Allons-y donc encore une fois :
Par contrat signé le 12 décembre 2007 le CLO s’est engagé à verser à notre commune une somme de 10 000 000 € au titre de la location des installations et des prestations mises par nous à sa disposition pour l’organisation et le fonctionnement des championnats du monde. Qui ne le sait pas encore ? Vous, peut-être, qui n'en dites rien à Radio Val.
Mais le 1er octobre 2008 – à l’aube des championnats - vous avez, monsieur le maire, entrainé le conseil municipal dans la modification de ce contrat. Cette modification a retiré à l’engagement du CLO son caractère obligatoire. Il le lui a si bien retiré que, depuis lors, l’engagement en question n’est pas tenu. La manœuvre coûte l’équivalent ou presque de la totalité des impôts communaux annuels payés par les contribuables de Val d’Isère. Cela tout le monde l'a enfin compris ! Cela non plus n'intéresse sans doute pas les Avalins, puisque vous ne le mentionnez pas au micro de Benoit Launay.
Monsieur le maire, répondez, répondez enfin à ces 4 questions :
Niez-vous l’existence et le contenu du contrat daté du 12 décembre 2007 – et signé par votre prédécesseur et M. Fabre - en vertu duquel le CLO a confirmé son engagement de régler à notre commune la somme de 10 000 000 € ?
Niez-vous que l’essentiel de cette somme est impayé à ce jour ?
Niez-vous que vous n’avez entrepris aucune action sérieuse – c’est même le contraire – pour tenter de recouvrer cette créance ?
Niez-vous aussi que la raison pourrait bien en être que, le 1er octobre 2008, vous-même et votre majorité – faisant preuve d’une rare et insupportable complaisance, et tout en tenant la population dans une complète ignorance de la situation et des enjeux - avez purement et simplement exonérer le CLO de son obligation intangible ?
Après avoir répondu NON à ces quatre questions - sauf à vous renier ou à mentir - pouvez-vous, s'il vous plait, nous expliquer qui suit :
Par quelle manœuvre, par quel jeu d’influences, telle personne ou tel groupe de personnes, disposant auprès de vous de cette méprisable autorité qu’ont les gens puissants sur ceux qui le sont peu, vous a ou vous ont convaincu de faire voter par votre majorité l’abandon d’une créance intangible de pareille taille? Dans l’intérêt de quoi ? Dans l’intérêt de qui ? Et pourquoi n'en dites-vous rien à vos concitoyens ?
Ce texte est le 13ème que j’écris sur le sujet dans ce blog pour tenter de faire éclater la vérité. Car évidemment, la vérité, la seule qui vaille, c'est le débat contradictoire et non la langue de bois débitée sur votre radio d’état ou dans des communiqués rédigés par quelque plumitif.
Remarquez que je comprends que vous vous en contentiez : cela convient à votre entourage et vos administrés n’y voient que du feu.
Serge Paquin
PS : Vous avez raison, monsieur le maire, de dire qu’en 2004, il y avait au club des sports ou ailleurs une commission d’étude de notre candidature qui – sous le regard de J.C. Killy- alignait des idées et des chiffres, suffisamment optimistes pour nous conduire jusqu’à Miami.
Ses membres mijotaient-ils aussi des prévisions chiffrées de fonctionnement ? Grand bien leur fit puisque – comme vous le dites fort bien vous-même – le fonctionnement des championnats du monde n’était voué à ne jamais leur être confié pour l’être en réalité à un CLO, conçu, installé et entièrement financé (43 000 000 CHF) par la FIS.
Tous les chiffrages avalo-avalins n’étaient donc qu’à usage iinformatif et n’avaient aucune incidence ni influence sur la future relation qui s’établirait plus tard entre Val d’Isère et un CLO qui, à cette époque (2004), n’existait même pas ! Cette relation, au contraire, sera formellement consacrée par un contrat signé par MM. Catelan et Fabre, le 12 décembre 2007, c'est-à-dire bien des années plus tard.
Ce CLO – totalement indépendant de Val d'Isère et dont la présidence du directoire a été successivement confiée à J.C. Killy puis au sous-préfet Fabre – signera en revanche ce fameux 12 décembre 2007 l’engagement d’une rémunération de 10 000 000 € au titre de la location des installations mises à disposition par Val d’Isère.
En conséquence je pense, monsieur le maire, qu'il serait temps que vous abandonniez cet argument saugrenu selon lequel le CLO ne nous doit rien au prétexte de calculs prévisionnels optimistes réalisés en 2004 par notre commission locale - sous l'égide de J.C. Killy avez-vous précisé à Radio Val - prévisions qui ne nous sont certes pas opposables par un CLO qui n'existait même pas. Il faut au contraire que vous preniez maintenant sérieusement en compte la seule chose qui vaille : le contrat signé en décembre 2007 entre M. Fabre pour le directoire du CLO et M. Catelan au nom de notre commune , contrat par lequel était confirmée notre créance de 10 000 000 € sur notre partenaire !
Vraiment je m'interroge sur la raison qui vous conduit à affirmer que ces prévisions villageoises élucubrées en 2004, avant même que notre candidature ne soit retenue par Miami, devraient primer sur un contrat signé en 2007, à peine un an avant les championnats, entre le sous préfet en charge de la direction effective du CLO et le maire de Val d'Isère de l'époque ...
On l’a dit et redit. On l’a écrit et réécrit. Monsieur le maire, écoutez-vous parfois ?
Au sujet des championnats du monde et de ses retombées sur nos finances locales, Benoit Launay - qui vous tenait il y a peu de temps sous son micro - nous a appris que vous vous souciez des « rumeurs ».
Comme je soupçonne que les « rumeurs », ce pourrait bien être moi, je regrette qu’un dialogue direct et public sur le sujet qui nous occupe n’ait pas pu avoir lieu lorsque je vous l’ai proposé en séance du conseil, tenue le 13 Mars 2009.
Il s’agissait ce jour-là du débat sur le budget communal 2009. J’avais exprimé, en cette occasion, mon désaccord sur le « passage par pertes & profits » que vous vous proposiez de faire subir aux 10 000 000 € dus par le CLO. Vous n’aviez souhaité ni me laisser terminer, ni me répondre, arguant que le Conseil était réuni pour parler du budget et non du CLO (comme si une dette impayée de 10 000 000 € n’impactait pas gravement le budget !).
J’ai espéré retrouver ce sujet dans l’ordre du jour d’une réunion ultérieure. En vain. D’où l’intérêt modéré que je porte désormais à des réunions bavardes sur des sujets souvent futiles, qui s’interdisent d’ouvrir un débat sur une bricole comme 10 000 000 €, impayés par un créancier.
Au fait.
M. Bauer, vous êtes un bon maire qui explique et qui rassure ses concitoyens quand des « rumeurs » sont susceptibles de jeter le trouble dans leurs esprits.
Des rumeurs ? Mon Dieu ! Lesquelles ?
Les rumeurs, monsieur le maire, c’est que le CLO doit 10 000 000 € à la Commune et n’en a payé qu’un petit morceau. Vous affirmez que tout va bien car le CLO ne devait – selon vous - nous verser que ce qu’il lui restait, après qu’il eût payé ses autres dettes. Malheureusement il ne lui reste presque rien. Les rumeurs qui s'accrochent à vos basques sont de sales bêtes. Malheureusement vous avez tort.
Certes, on ne dit pas à un maire qu’il ment. Mais on peut lui demander, pour la 10ème fois, comment, et surtout pourquoi, il s’entête à concilier sa généreuse position à l’égard du CLO avec la réalité décrite par la Cour des Comptes qui dit :
« Le centre sera loué par le CLO qui en fera le siège de l’organisation des championnats du monde. Une convention du 12 décembre 2007 prévoit à son article 2 que les installations et prestations apportées par la commune sont facturées par la commune pour un montant prévu de 10 000 000 €… »
Ce n’est pas clair ? 10 000 000 € dus en vertu d’un contrat signé, fort d’un objet précis, un an avant les championnats du monde, c’est du charabia ?
M. Bauer, permettez-moi de vous dire que vous êtes un juriste original qui fait prévaloir – selon ce qu’il dit à la radio – un document qu’il appelle « budget prévisionnel» établi en 2004 et signé par personne, sur un contrat parfait signé par les parties en 2007.
Original et doté d’un curieux sens des priorités juridiques et historiques…
M. le maire, pourriez vous nous expliquer une autre chose très contradictoire à nos yeux ?
Si le CLO - comme vous l’affirmez - n’est en rien répréhensible de ne pas nous verser nos 10 000 000 €, pourquoi avoir mis tant de zèle, de précipitation et de discrétion à faire voter le 1er octobre 2008 par le Conseil, sans avantage ni contrepartie pour notre Commune, la dévaluation de l’engagement intangible du CLO en une pauvre petite obligation de moyens ?
Oui vraiment, monsieur le maire, pourquoi vous être acharné ainsi à accepter la réduction à une simple et modeste obligation de moyens d’un engagement du CLO qui – selon vous – était déjà passablement creux avant que vous le dévaluiez ?
Enfin, vous affirmez que Val d’Isère a reçu à 23 000 000 € de subventions. Il semble que vous ayez la main lourde, très lourde. A moins, bien sûr, que vous n’ayez omis de déduire (c’est sûr que vous avez omis, sinon l’écart ne serait pas si énorme) les montants qui figuraient de longue date dans les budgets prévisionnels préparés pour le précédent conseil municipal. Nous parlons évidemment ici des 10 000 000 € sur lesquels la municipalité précédente – moins tolérante que vous - comptait dur comme fer.
En un mot comme en mille, et pour conclure, pourquoi ne parlez-vous jamais :
Du fait qu'il y a entre le CLO et Val d’Isère un contrat daté du 12 décembre 2007 qui stipule de façon irréfragable l’obligation du CLO de nous verser 10 000 000 € ?
Du fait que le 1er Octobre 2008 le Conseil municipal, à l'unanimité des présents, a dévalué – de façon incompréhensible, sans contrepartie, et hautement préjudiciable pour Val – la créance de 10 000 000 € détenue par Val d’Isère sur le CLO ?
Et pourquoi, en revanche, parlez-vous sans cesse d’un budget prévisionnel établi en 2004 par quelques collaborateurs de la Commune, budget en vérité dépourvu de sens et d’importance et qui n’engageait personne d’autre que leurs auteurs locaux, dans la mesure où l’on comprit par la suite que Val d’Isère n’aurait absolument aucun rôle ni responsabilité à prendre dans le montage du fonctionnement de la manifestation ?
Monsieur le maire, j’ai sûrement des défauts et je commets des erreurs. Mais, contrairement à vous, je ne me dispute pas avec des « rumeurs ». Je préfère m’en prendre aux hommes et aux faits. Sinon, vous savez quoi ? Les gens doutent de votre capacité et de votre bonne foi.
Autre chose, je me lasse difficilement. Dans cette aventure globalement ruineuse et financièrement montée tout de travers qu'ont été les championnats du monde, l'affaire CLO, c'est la cerise sur le gâteau. Une cerise de près de 10 000 000 €, soit la totalité des impôts locaux annuels recouvrés par la Commune. 10 000 000 € abandonnés au vent de l'incompétence et de la complaisance.
Tout cela lasse les Avalins. Peut-être - et enfin - réalisent-ils qu'on les prend pour des imbéciles. Aussi, monsieur le maire, dites-leur enfin, et sans plus vous emberlificoter dans des explications si embrouillées qu'ils y perdent leur latin, pourquoi le 1er octobre 2008 vous avez converti - sans contrepartie ni avantage - la créance certaine et intangible de Val d'Isère sur le CLO en un droit pourri, en l'occurrence une obligation creuse de moyens . Remarquez que je ne me fatiguerais pas à vous contrarier autant s'il ne s'agissait pas de 10 000 000 € qui manquent cruellement dans les caisses de la Commune.
Même si le sujet n’est pas follement amusant, il faut revenir sur les 43 000 000 CHF versés par la FIS au CLO pour organiser les championnats du monde.
Rappelons donc que le CLO devait lui-même reverser à Val d’Isère une partie de cette somme (10 000 000 €), à titre de location pour l’ensemble des installations mises à disposition. Tout le monde connaît l’histoire.
La Chambre régionale de la Cour des Comptes, qui sort de chez nous, la résume du reste dans ces termes :
… « Une convention du 12 décembre 2007 prévoit en son article 2 que les installations et prestations apportées par la commune sont facturées pour un montant prévu de 10 000 000 € HT… »
À l’étonnement général, le CLO s’avéra ne pas être en mesure de payer la plus grande partie de sa dette. Il s’agit pourtant d’une association honorable, présidée par le maire de Val d’Isère, et composée d’institutions ou de personnes respectables comme la FIS, la FFS, le Ministère de la Santé de la Jeunesse et des Sports, certaines collectivités locales et leurs groupements, des personnalités qualifiées comme Jean-Claude Killy, Léo Lacroix, ou encore Michel Barnier et Hervé Gaymard, ces deux derniers en qualité de membres d’honneur.
Ne revenons pas ici sur la raison pour laquelle Val d’Isère jugea ne pas devoir se tourner vers la FFS, caution solidaire du CLO, pour qu’elle prenne sa part du trou. Une telle démarche n’a pas semblé convenable à Monsieur Marc Bauer et nous nous inclinons, sans toutefois comprendre…
Ce devant quoi nous refusons en revanche de nous incliner est la curieuse manœuvre à laquelle s’est livré le conseil municipal. C’était le 1er octobre 2008, voici un an.
On ne se trouvait plus alors qu’à quelques courtes semaines des championnats. Installations et organisation semblaient se présenter sous les meilleurs auspices. Or ce jour-là, 1er octobre, le conseil municipal accepte – en catimini et sans débat - de modifier l’engagement intangible pris par le CLO à l’égard de Val d’Isère dans la convention datée du 12 décembre précédent.
Quel engagement au fait ? Vous le savez bien : celui pris par le CLO de reverser à Val 10 000 000 €. Le modifier comment ? Le modifier en une simple obligation de moyens.
Cela voulait dire quoi ? Cela voulait dire que la Commune acceptait unilatéralement en faveur du CLO (l’une et l’un ayant au demeurant le même dirigeant) que Val d’Isère accepte d’insérer – sans contrepartie ni avantages - une petite phrase dans la convention d’originesignée en décembre 2007. La petite phrase avait tout simplement pour effet de dévaluer l’engagement préexistant. Lisez-là plutôt :
« La convention du 12 décembre 2007 entre la Commune de Val d’Isère et le Comité d’Organisation des Championnats du Monde de Ski Alpin de 2009 est une convention d’objectif n’obligeant les parties qu’à une obligation de moyens ».
Le nouveau conseil municipal de Val d’Isère vote donc cela, à la veille même des championnats et moins de 10 mois après la signature de la convention d’origine. Sans la moindre contrepartie, il admet de ce fait que l’obligation du CLO de payer les 10 000 000 € ne constitue désormais plus qu’une simple obligation de moyens dont l’exécution devient aléatoire. Dieu sait du reste qu’elle le devint, puisque l’essentiel de la dette est aujourd’hui impayée !
La ficelle est d’autant plus grosse que la disposition est adoptée en octobre 2008, à un moment où les responsables savent bien à quoi s’en tenir au sujet de la situation financière du CLO.
Pourquoi pareil abandon ? Sans doute pour couvrir d'un épais brouillard la responsabilité et la réputation de ceux qui ont signé les 10 000 000 €.
Car les uns – au sein du CLO – avaient évidemment la responsabilité de veiller à ce que cette dette demeurat en permanence provisionnée dans les comptes en vue de son règlement ultérieur à Val ; quant aux autres, censés exercer la surveillance du CLO au sein de son Conseil de Surveillance où ils siégeaient, c'était encore plus leur rôle de contrôler le maintien d’une liquidité suffisante pour permettre au CLO de faire face à l’ensemble de ses charges, et particulièrement aux engagements contractés à l’égard de la station d’accueil .
On mesure avec cette affaire – 10 000 000 € évaporés, le CLO insolvable, Val d’Isère roulée dans la farine – le désordre qui régnait dans les esprits et dans les actes. On mesure aussi les responsabilités.
La suite coûtera près de 10 000 000 € aux Avalins qui, au demeurant, ne semblent pas s’en soucier plus que cela.